Activités de recherche

Le Laboratoire d’Etude des Résidus et Contaminants dans les Aliments (LABERCA) est une Unité de Recherche de l’Ecole Nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l’Alimentation Nantes Atlantique (Oniris), labellisée par la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER, MAAP) et l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA, département AlimH). Elle est par ailleurs Laboratoire National de Référence (LNR) conventionnée par la Direction Générale de l’Alimentation (DGAl, MAAP) et la Direction Générale Health and Consumer (Commission Européenne) pour ce qui est de l’accompagnement de l’autorité compétente en matière de gestion de risque dans ses activités liées aux substances chimiques dans les denrées alimentaires.

Du point de vue scientifique, le domaine d’activité historique de l’Unité est celui de la sécurité chimique de l’aliment, et s’inscrit dans une démarche globale et intégrée de caractérisation des expositions, depuis l’agrofourniture jusqu’à l’Homme et sa descendance. Le LABERCA s’attache en effet à générer des connaissances relatives aux sources, transfert, et métabolisme des composés chimiques étudiés (Fig.1), afin de caractériser à la fois l’exposition externe (alimentaire) du consommateur (mesures d’occurrence dans les denrées alimentaires) mais aussi son exposition interne (indicateur d’imprégnation) au regard des mêmes paramètres, de leurs métabolites ou de leurs produits de dégradation dans les fluides et tissus biologiques. Plus récemment et via plusieurs projets collaboratifs, l’Unité génère des données contribuant à l’identification des dangers – en particulier pour les substances perturbatrices du système endocrinien - par l’identification de biomarqueurs d’exposition et/ou d’effet signant l’exposition au danger étudié, mais aussi par l’étude d’éventuelles associations entre prévalence du paramètre (exposition externe ou interne) et observation clinique (Fig. 2).
Figure 1 : Classes de résidus et contaminants chimiques entrant dans le champ d’activité de l’Unité.
Figure 1 : Classes de résidus et contaminants chimiques entrant dans le champ d’activité de l’Unité.
Figure 2 : Schéma scientifique directeur cadrant les activités de recherche de l’Unité et principales sources de financement associées.
Figure 2 : Schéma scientifique directeur cadrant les activités de recherche de l’Unité et principales sources de financement associées.
Dans ce périmètre thématique, le savoir-faire et domaine de reconnaissance historique de l’Unité concerne le traitement d’échantillons biologiques en vue de l’isolement des substances ciblées présentes à l’état de traces au sein de matrices biologiques complexes, suivi de la caractérisation fine de ces composés (élucidation de structures chimiques et mesure quantitative) par des techniques spectrométriques avancées. Depuis 2007, le LABERCA développe et applique aussi des approches de caractérisation globales (i.e. non ciblées), notamment de type métabolomique et lipidomique, toujours basées sur la génération de descripteurs spectrométriques. Ce second savoir-faire et domaine de compétence s’insère pour l’Unité dans un schéma scientifique global tendant à compléter les études d’exposition ciblées par la recherche de nouveaux marqueurs associés à cette exposition et/ou à ses effets, dans une démarche de recherche à la fois amont visant la production de connaissances nouvelles, et finalisée visant une exploitation des marqueurs en question au plan diagnostique.

Les missions de l’Unité en matière de recherche restent inscrites dans une logique et une démarche générale de contribution à un ensemble de questionnements à la fois scientifiques et sociétaux dans le domaine général de la santé publique. Ces missions concernent de façon plus précise l’apport de données alimentant à la fois la connaissance académique et l’évaluation du risque associés à l’exposome chimique de l’Homme, historiquement dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, et aujourd’hui également dans le domaine de la santé environnementale. Ses objectifs, tels que définis pour le contrat en cours sont ainsi (1) de caractériser la présence et le devenir des contaminants chimiques de l’environnement à l’Homme via la chaîne alimentaire, (2) de caractériser les signatures biologiques associées à ces expositions, et enfin (3) d’amener ces marqueurs d’exposition et/ou d’effet, et plus largement la connaissance produite, jusqu’à une interprétation et exploitation finalisée à l’interface environnement-alimentation-santé.

Le projet de l’Unité pour la période 2016-2020 se place dans un contexte où l’exposition du consommateur aux intrants chimiques et leur impact sur sa santé constituent une préoccupation majeure en termes de santé publique, et où l’incidence croissante de certaines pathologies chroniques inquiète au plus haut point les pouvoirs publics. Ce projet s’inscrit à la fois dans la continuité du précédent contrat s’agissant des principales lignes de force qui sont les siennes au plan thématique, et dans une nouvelle dynamique de renforcement de certains liens interdisciplinaires qui apparaissent aujourd’hui nécessaires afin de capitaliser à un niveau encore supérieur ses compétences dans le domaine de l’expologie. La caractérisation de l’exposome chimique de l’Homme confirme donc sa place centrale dans les activités de recherche de l’unité (Fig. 3).
Figure 3 : Place de l’exposome dans les questions de recherche de l’Unité de recherche ou comment l’exposition chronique vie entière à des dangers chimiques peut potentiellement dévier la trajectoire santé d’un individu et comment contribuer à la recherche associée.
Figure 3 : Place de l’exposome dans les questions de recherche de l’Unité de recherche ou comment l’exposition chronique vie entière à des dangers chimiques peut potentiellement dévier la trajectoire santé d’un individu et comment contribuer à la recherche associée.

Collaborations

Le LABERCA est impliqué et acteur au sein de différents réseaux et partenariats, en particulier au côté des unités, structures, instituts et organismes suivants au plan :
  • régional : ANSES (Unités de Fougères et de Ploufragan), INRA (Unités-BIA & PHAN, Nantes, Unité STLO, Rennes), IRSET (Unité INSERM U625, Rennes), ICO Nantes,
  • national : INRA (UMR 1331 Toxalim, Toulouse ; UR AFPA, Nancy ; UR 0370 QuaPA Clermont), ANSES (Maisons-Alfort), INSERM (U747, U553 et U1018 Paris, U896 Montpellier), Institut Gustave Roussy Paris,
  • international : RIKILT, Université de Wageningen, Université de Belfast (QUB), Université de Ghent, Université de Bologne, Université de Coimbra, Université d’Aberdeen, Université de Zurich, Université de Prague, Hôpital Royal de Copenhague ; Karolinska Institute